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Note sur la Participation du Sénégal à la COP 13 de la convention de Ramsar sur les zones humides

La convention sur les zones humides d’importance internationale est adoptée le 02 février 1971 à Ramsar en Iran, ville dont elle porte le nom. C’est un traité intergouvernemental qui sert de cadre à l’action nationale et à la coopération internationale pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources.
Nombre de Parties contractantes: 170
Nombre de Sites Ramsar: 2301
Surface totale de sites désignés: 225 653 238 ha
Dans le contexte des « trois piliers » de la Convention, les Parties contractantes s’engagent :
· à œuvrer pour l’utilisation rationnelle de toutes leurs zones humides;
· à inscrire des zones humides appropriées sur la Liste des zones humides d’importance internationale (la « Liste de Ramsar ») et à assurer leur bonne gestion;
· à coopérer au plan international dans les zones humides transfrontières, les systèmes de zones humides partagés et pour les espèces partagées.
La Conférence des Parties contractantes (COP)
Tous les trois ans, les représentants des gouvernements de toutes les Parties contractantes se réunissent en Conférence des Parties contractantes (COP), pour convenir d’un programme de travail et de dispositions budgétaires pour la période triennale suivante et pour examiner des orientations sur toute une gamme de questions environnementales actuelles et émergentes.
Thème et slogan de la COP 13
« Des zones humides pour un avenir urbain durable »
Slogan : « les Zones humides urbaines rendent les villes plus agréables à vivre »
Notion de Zone Humide?
La convention Ramsar définit les zones humides comme suit : « les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée y compris des étendues d’eau marines dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres »
Les zones humides sont parmi les écosystèmes les plus divers et les plus productifs. Elles fournissent des services essentiels et toute notre eau douce et jouent un rôle important en atténuant les impacts des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations, les sécheresses et les cyclones. Les zones humides agissent comme des éponges naturelles, absorbent et stockent les eaux de pluie excédentaires en limitant les risques d’inondations. En saison sèche, elles libèrent l’eau stockée, retardant le déclenchement des sécheresses et réduisant les pénuries d’eau.
La fréquence des catastrophes naturelles a plus que doublé; la plupart sont liées au climat. Selon ONU-Eau, 90% de tous les risques naturels sont liés à l’eau. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prédit des phénomènes encore plus extrêmes à l’avenir, dans le sillage des changements climatiques.
Outre les services et biens écologiques qu’elles fournissent, les zones humides constituent également d’importants sites de stockage du carbone. Cette dimension leur fait jouer un rôle majeur dans la contribution à la lutte contre les changements climatiques par la réduction des gaz à effet de serre.
A titre d’exemple de services, le riz produit dans les zones humides, est la nourriture de base de près de trois milliards de personnes; ce qui constitue 20% de l’apport nutritionnel mondial. Aussi, il est important de noter que 70% des eaux souterraines exploitées servent à l’irrigation et que les deux tiers des poissons commerciaux dépendent des zones humides côtières à un moment de leur cycle de vie notamment au niveau des frayères et zones de croissance, des mangroves et autres estuaires.
Menaces sur les zones humides
Cependant, il est à noter que les zones humides subissent, depuis quelques décennies, des pressions liées aux activités humaines et climatiques qui risquent de s’accentuer au cours des prochaines décennies, en raison notamment de l’augmentation des besoins de consommation en eau dans le monde, de la modification ainsi que de la perte des habitats induits par certains types d’aménagement ou de valorisation hydro-agricole, des problèmes d’insécurité et des perturbations issues des changements climatiques. Ces usages nouveaux perturbent les caractéristiques, la structure et le fonctionnement de ces écosystèmes fragiles surtout en milieu urbain avec la pression foncière, les occupations irrégulières, la destruction des zones humides pour d’autres usages liées à l’installation d’unités industrielles avec ou sans évaluation environnementale.
Les estimations les plus récentes indiquent que 64% des zones humides mondiales ont disparu en l’espace d’un siècle.
Gestion des zones humides au Sénégal
· Ratification de la Convention de RAMSAR en 1977 ;
· Mise en place d’un réseau national d’aires protégées pour préserver des échantillons d’écosystèmes terrestres, marins et côtiers naturels ;
· Elaboration de la Politique nationale des zones humides en 2015 avec comme slogan « Conserver pour produire et produire en conservant »;
· Mise en place du Comité National Ramsar en 2013;
· Inscription de huit (08) sites comme zones humides d’importance internationale dont trois (03) en 2017 ;
· Actions en faveur du retrait de la Réserve Spéciale d’Avifaune du Ndiaél du Registre de Montreux (Mise en œuvre du projet de Restauration des Fonctions Ecologiques du Lac de Guiers (PREFELAG);
· Evaluation de l’efficacité de gestion des aires protégées avec l’outil IMET et R-METT au niveau de neuf (09) sites ;
· Evaluation des biens et services écosystémiques dans trois aires protégées dont deux sites Ramsar (Réserve Communautaires de Somone et Palmarin).
· Initiative Sénégal-Wet regroupant les pays du bassin du Fleuve Sénégal ;
· Mise en place du site Ramsar transfrontière « Niumi-Saloum » entre la Gambie et le Sénégal en 2008 (le premier en Afrique) ;
· Mise en œuvre de projets et programmes pour la préservation des zones humides et de leurs fonctions ainsi que l’utilisation durable de leurs ressources dont le Projet de restauration des fonctions économiques et écologiques du lac de Guiers (PREFELAG).
Actions de préservation des Zones humides en Afrique
Au niveau de la Région Afrique, 42 nouveaux Sites Ramsar ont été créés depuis la COP 12 en 2015 et couvre une superficie leur 8.136.305 ha. Aussi, des progrès importants sont notés avec 122 sites Ramsar qui disposent de plans de gestion et 88 qui sont entrain soit d’être révisés, soit de développer pour la première fois des plans de gestion selon le canevas Ramsar.
Par ailleurs, GlobWetland Africa (GW-A) est un important projet d’application de l’observation de la Terre de l’Agence Spatiale Européenne qui facilite l'exploitation des données satellitaires pour la conservation, l’utilisation rationnelle et la gestion efficace des zones humides en Afrique et qui fournira aux Parties contractantes africaines des méthodes et outils d’observation de la Terre nécessaires pour mieux remplir leurs engagements envers la Convention de Ramsar sur les zones humides.
La Pré COP Afrique
La réunion africaine préparatoire à la COP 13, tenue à Dakar (Sénégal) du 28 février au 02 mars 2018, a permis d’évaluer la pertinence des projets de résolutions suivant la mission de la Convention et l’application du Plan stratégique Ramsar 2016-2024 en tenant compte des objectifs de développement durable, des objectifs d’Aichi pour la biodiversité, du Plan stratégique pour les espèces migratrices, du futur Plan stratégique de l’Accord pour la conservation des Oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (2018-2027). Aussi, les défis majeurs tels que le changement climatique, les communautés autochtones et locales, la culture, la réduction de la pauvreté et l’égalité entre les sexes, le renforcement des capacités, les innovations technologiques pour l’observation de la Terre, la communication, l’éducation et la sensibilisation du public, les plantes envahissantes, la perte et la disparition des zones humides, la problématiques des zones humides côtières, les liens entre zones humides, paix et sécurité, les zones humides urbaines et périurbaines etc., ont été abordés. Le Sénégal a reçu les félicitations de ses paires africains et du Secrétariat de la Convention pour la bonne tenue de la PréCOP Afrique à Dakar.
Enjeux de la COP 13 pour le Sénégal
1. Adoption des 3 projets de résolutions soumis par le Sénégal (Résolution Zones Humides Paix et Sécurité, Résolution sur les tortues marines avec la France et Résolution sur Changement Climatique, Zones Humides et Culture. Le Sénégal doit présenter en plénière le premier projet de résolution, le Burkina et la France vont présenter les deux autres.
2. Organisation de deux évènements parallèles à la conférence: sur la restauration de la Réserve d’avifaune du Ndiaël (OLAC, UICN, PREFELAG) et sur la thématique Wetlands Peace and Security avec Wetlands International. Le premier sera présidé par le SG du MHA et le second par le SG MEDD et Wetlands international.
3. Retrait du Ndaiél du registre de Montreux : un avis favorable de la Mission Consultative Ramsar (MCR) sous forme de recommandation, un avis favorable motivé du Groupe d’Evaluation Scientifique et Technique (GEST), une publication sur le site web du Secrétariat, une lettre officielle du SG au chef de l’Autorité Administrative Ramsar avec copie au MEDD mais il n’y a pas encore de décision officielle. L’enjeu de taille est de négocier par une déclaration pour avoir cette décision officielle soit à la 55 réunion du Comité Permanent, soit lors de l’examen du document COP13 doc 18-10 portant Projet de résolution sur l’état des sites inscrits sur la Liste des zones humides d’importance internationale, soit à la 56 réunion du Comité Permanent. Il y a un besoin pour la délégation de repérer les dates de ces réunions et de se préparer en conséquence.
4. Présentation par le Sénégal du Rapport financier pour 2016-2018 du Président du Sous-groupe du Comité permanent sur les finances et du budget proposé pour la période triennale 2019-2021 et assurer la Présidence de toutes les réunions du CP jusqu’à l’adoption du projet de résolution sur les questions administratives et financières ainsi que le Budget 2019-2021
5. Position Africaine sur la gouvernance de la Convention et les organes subsidiaires (Enjeu principal de cette COP) avec des implications juridiques liées aux dispositions du Règlement intérieur.
6. Participation aux réunions régionales du Groupe Afrique chaque matin, aux 55 et 56 réunions du CP, aux séances plénières, aux Groupes de contacts et Groupes de Amis du Président.
23 Octobre 2018 - 2:15pm

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